Des disquettes en 2016

En découvrant cette vidéo de François Bon sur la perte des écrits que l’écrivain peut connaître, relayée par Nathalie Lenoir qui semble avoir déjà expérimenté de telles tragédies, je ne peux m’empêcher de penser à ces piles de disquettes remplies de sauvegardes de fichiers de texte dans mon enfance… À l’, les disquettes – souples, bien sûr ! – pouvaient stoker à peine 1 Mo de données, ce qui n’était pas loin des limites des ordinateurs courants, dont les traitements de texte rudimentaires étaient tellement limités qu’il fallait entamer un nouveau fichier tous les quelques milliers de lignes… Et pourtant, déjà, était mise en avant l’indéniable de ces supports. Faudrait-il encore compter dessus à notre époque ?

On peut avancer fermement que sur ce point, au moins, l’humanité a progressé, car en l’an deux mille seize, il n’est plus concevable de pouvoir encore perdre ses données : comme le résumait Paingout il y a déjà trois ans, le double principe de  – local et en ligne – devrait maintenant être systématique pour toute personne ayant des données de valeur sur son ordinateur, c’est-à-dire tout le monde. Techniquement, nous sommes parvenus à un point où cela peut se faire de manière très rapide – journalière dans la plupart des cas –, complètement automatisée, illimitée, et incrémentée dans le temps, avec une sécurité bien supérieure à celle de la porte d’entrée d’un appartement et pour à peine le prix d’une bière par mois. L’énorme avantage que nous possédons, en plus, est que les plus courants de ces services sont américains, si bien que le FBI ne comprendrait rien à nos données quand bien même il arriverait à les déchiffrer un jour… À part vouloir persister à ne pas dormir, refuser une telle sécurité ne fait donc que doubler une suspicion bien mal placée d’une faute professionnelle sérieuse lorsque l’on travaille en solitaire sur des œuvres forcément uniques