Sorties du 15 octobre 2014

Comme disait l’autre météore surévalué, « tout le monde a deux métiers : le sien et de cinéma ». Et pourtant, souvenez-vous de votre dernière au cinéma : arrivé devant les panneaux rétro-éclairés qui font office d’affiche, vous avez tant hésité sur le à voir que vous avez failli loupé la séance. Votre emploi du temps effréné vous avait empêché de décortiquer les cent quarante pages mensuelles de Positif et de vous faire votre propre avis.

Pour résoudre ce drame quotidien, nous vous offrons cette rubrique hebdomadaire Le film à (ne pas) voir, qui se penche sur les nouveaux films à l’affiche… de manière radicale. Volontairement, notre choix se limitera à uniquement deux films : celui qu’il faut absolument voir, et celui qu’il faut impérativement fuir. Mais, comme nous ne sommes pas critique professionnel, nous ne sommes pas invité aux projections presse et devons donc avouer, non, que nous n’avons pas (encore) vu les films dont nous parlons.

Le film à voir : de

Pourquoi David Miller ?

Réalisateur peu connu, David Miller fit une carrière typique du système américain : d’abord coursier pour des studios, il réussit dès 1935 à obtenir la réalisation de documentaires éducatifs pour la MGM, puis passa au long métrage en 1941 avec un biopic de Billy the Kid. Si sa filmographie connaît des hauts et des bas, il réussit quelques films que l’on pourrait qualifier de genre et qui ne déméritent pourtant pas. Seuls sont les indomptés est à ce titre sa plus belle réussite

Pourquoi Seuls sont les indomptés ?

Parce que ce film doit autant à son réalisateur qu’à son coproducteur, acteur principal et instigateur du projet : le grand . On parle rarement de la partie la plus importante du métier d’acteur, qui est le choix des films. C’est véritablement là que les comédiens doivent faire preuve du plus grand talent et de la plus grande intelligence. Kirk comprit vite cet aspect de son métier, et décida de prendre sa carrière en main. Au lieu d’attendre que les studios lui laissent le choix entre les rôles qu’ils leur paraissaient judicieux, il fut l’un des premiers comédiens – non-réalisateurs – à initier des projets ambitieux, en s’entourant de scénaristes talentueux – le grand Dalton Trumbo ici – et de distributions prestigieuses. Au final, de grands films mêlant audace et succès comme peu d’autres comédiens ont su le faire depuis, comme ce western atypique, bellement restauré et que le comédien classe dans ses films préférés

Le film à ne pas voir : Ninja Turtles de Michael Bay Jonathan Liebesman

Pourquoi ?

Parce que, malgré nos bons souvenirs des dessins animés originels, cette énième adaptation sans la moindre inspiration n’a qu’une seule raison d’être : bourrer les caisses de Platinum Dunes, la société de production de Michael Bay. Nous n’avons rien contre les blockbusters en eux-mêmes, mais dans ce cas, aller voir ce film revient à cautionner les pratiques les plus vilement mercantiles de cette industrie qui se voudrait, pourtant, pas comme les autres…