La plus grande cinémathèque du monde

Imaginez un service de vidéos à la demande disponible gratuitement sur tous vos appareils, contenant le plus large catalogue de films et de séries possibles, avec des vidéos d’une qualité inégalée, sous-titres inclus. Ce service dont vous avez dû entendre parler existe déjà, et fait l’actualité de la rentrée. Il s’appelle PopcornTime et surpasse sans hésitations toutes les autres offres existantes. Que faut-il en penser ?

Le monde se divise en deux catégories : il y a ceux pour qui l’état actuel de la législation sur la des œuvres d’art au vingt-et-unième siècle devrait être encore plus repressif, qui considèrent que le spectateur est forcément celui en tort et qui considèrent en même temps que l’état actuel de disponibilité des films et des séries sur est satisfaisant. Et puis il y a ceux qui ne se satisfont pas de cet état de faits : ceux qui savent que les « pirates » sont des gens comme les autres, que ces comportements sont d’abord une « conséquence de la carence de l’offre légale », et qui n’oublient pas que la loi est née d’une blague d’un prétendu grand patron français.

Si vous avez choisi le bon camp, vous avez connu Napster, AudioGalaxy, Gnutella, KaZaA, eMule, eDonkey, DC++, Usenet, BitTorrent, isoHunt, Suprnova, The Pirate Bay, Megavideo… En à peine 15 ans, le nombre de services de diffusion entre particuliers des films (entre autres choses…) se sont multipliés les uns à la suite des autres. Chacun a pu briller quelques années avant d’être dépassé par un autre techniquement plus accessible… ou rattrapé par les forces de l’ordre. Clairement, les problèmes de maniabilité et d’interface ont toujours pénalisé l’usage massif de ces logiciels. Cette fois, le sommet semble avoir été atteint : d’une simplicité exemplaire, garantissant une confidentialité complète même à l’égard des gendarmes hadopiens, insaisissable car décentralisé et open source, Popcorn Time et ses dérivés sont en plus complètement dénués de publicités… Depuis le début de cette année et sa diffusion à une échelle massive, le service a attiré presque autant de spectateurs que celui de Canal +, et quatre fois plus que Netflix, et tous les autres chiffres lui sont des plus flatteurs.

Après, libre à vous de préférer payer des services malingres auprès de sociétés basées au Luxembourg dont les responsables exigent encore davantage de dérégulation ou mettent en avant comme événement de l’année… le retour de Jack Bauer