Vous connaissez, bien évidemment, notre rubrique hebdomadaire, Le film à (ne pas) voir qui vous aide, — quasiment — chaque mercredi, à vous y retrouver parmi les dizaines de films qui sortent sur les écrans français. Parmi les sorties de demain, il y a celle du nouveau film réalisé par Ridley Scott, Exodus.

Ce qui nous a interpellé, déjà, ce sont les deux affiches du film mises en avant par les distributeurs : à gauche, puissante et (sur-)naturelle, la version américaine ; à droite, bateau et terre à terre, la version française. Ce sont les distributeurs de chaque pays qui choisissent les éléments de communication qu’ils vont utiliser à l’échelle nationale. Ils peuvent ainsi choisir un nouveau titre – ou mal imiter le titre original comme le recense le très bon site Pardon My Titres – et prendre toutes les libertés qu’ils veulent sur les éléments visuels qui sont déployés. Ici, le distributeur français qui a pris cette décision déplorable est la branche française de la 20th Century Fox.

Il y a deux réactions possibles à ce fait : on peut considérer, comme – M – le chanta avec brio, que l’on fera toujours moins bien que les ‘ricains, ce qui, présentement, se tient tout-à-fait. Mais, en faisant preuve d’un minimum de culture, on peut se souvenir que notre pays hexagonal possède une histoire et une culture visuelles fortes. Les magasins attrape-touristes autour des Halles vous apprendront aussi bien que moi qu’il y a même eu un « Âge d’Or » de l’ française à la fin du dix-neuvième siècle initié par le célèbre Jules Chéret.

À cette époque, les graphistes français, aussi bien artisans que peintres, dominaient la production mondiale d’affiches, en déterminaient les goûts et les modes et s’exportaient aux États-Unis sans problème. De nos jours, on a le droit à des photos moches qui ne rassurent que les commerciaux arrivistes des studios. Ne pourrait-on pas exiger, messieurs de la Fox, que vous respectiez cet héritage ?