Les Divertissements

Après le succès rencontré par les camemberts liés à l'argent et au travail, nous revenons avec un nouveau trio de diagrammes consacrés aux divertissements culturels. C’est l’occasion de faire un point salutaire et impartial sur les pratiques culturelles et divertissantes des habitants de notre beau pays : quelles sont les sorties préférées des ? Quel écran est le plus disputé à la maison ? En quoi les électeurs FN se distinguent-ils du reste de la population ?

Les sorties

Se divertir, c’est d’abord sortir. Le diagramme ci-dessus indique à quelle fréquence les Français pratiquent chaque type de par an. Le cinéma tient le haut de la marche, hormis la catégorie équipements culturels quelconques qui regroupe évidemment toutes les autres. De plus, si l’on en croit toujours le même rapport sur les pratiques culturelles des Français à l’ère numérique publié par le ministère de la Culture et de la Communication, la sortie au cinéma est la seule à avoir lieu régulièrement dans l’année : près d’un français sur quatre s’y rend au moins six fois par an, là où les autres sorties n’ont lieu généralement qu’une à deux fois par an.

Les pratiques individuelles

Dans le cadre de nos doux foyers domestiques – ou dans les transports… – nos activités sont largement dominées par la contemplation des écrans : et ordinateurs représentent respectivement vingt heures et onze heures de notre emploi du temps hebdomadaire. D’après la combinaison de l’étude menée par l’institut GFK en 2013 et celle sur les chiffres clés de la Culture publiée par le même Ministère en 2009, ces deux supports dominent largement la lecture, par exemple. Mais parmi ces heures-ci, le cinéma est loin derrière des concurrents bien mieux implantés tels que les jeux vidéos ou les fictions TV.

Les poids économiques

Cette étude ne serait rien sans son pendant économique : la valeur ajoutée des différents secteurs culturels à l’ française est établie dans le graphique ci-dessus tiré du fameux rapport sur l’apport de la culture à l’économie en France publié par l’Inspection Générale des Finances et l’Inspection Générale des Affaires Culturelles. Les secteurs les plus plébiscités en terme d’usage – fictions et jeux vidéos – sont aussi les moins dynamiques financièrement parlant, et le cinéma fait part égale avec eux. Par contre, des secteurs relativement moins fréquentés par le public ont su développer autour d’eux une large activité.

La conclusion est donc mitigée : le cinéma a su s’imposer, en un peu plus d’un siècle, comme le type de sortie préféré. Cependant, malgré l’importance de son industrie directe, il demeure dans une économie relativement isolée et, surtout, il n’a pas vraiment su trouver sa place au quotidien, comme courante. Est-ce à dire qu’il ne l’aura jamais ? Nous y reviendrons dans un prochain article justement consacré aux moyens de diffusion actuels des films.