Le sujet qui agite la cinéphilie des deux côtés de l’Atlantique ces jours-ci concerne la musique. La vidéo intégrée ci-dessus soulève l’épineux problème des utilisées dans les blockbusters : ces brouillons de , issus de muzak faite à la chaîne ou de films précédents sont censés servir temporairement au montage. Or, elles tendent à être imposées comme des références aux compositeurs auxquels il est demandé de copier presque littéralement l’essence et les apparences de ces musiques temporaires. Ce qui semble, de toute façon, être la constante de ces productions qui n’ont de cesse de se photocopier entre elles.

Des journalistes de Slate remarquait d’ailleurs, que, même dans les meilleurs cas où de la musique originale est utilisée, ce sont toujours les mêmes quelques morceaux de musique qui tournent en boucle. Le but principal de cette tendance est simplifier au maximum le travail de paperasse des music supervisors.

Mais la question n’est pas tant de la qualité de ces musiques, souvent proches de la qualité des films eux-mêmes, que de leur usage. Il faut, là, s’en retourner aux ravages qu’ont provoqués notamment les travaux de John Williams : celui-ci affirmait encore, en 1999, combien il était fier d’avoir développé avec George Lucas cet usage d’une musique constante sur les Star Wars. Par exemple, sur les 2h16 que dure La Menace Fantôme, il n’y a qu’une seule séquence sans musique, celle, d’à peine dix minutes, de la course d’engins volants. Par un curieux hasard, c’est peut-être la seule séquence marquante de ce film du reste passable. Les deux bonnes heures restantes sont constamment envahies par un vacarme sonore mêlant sons d’ambiance et musiques d’ascenseur, saturant toute l’atmosphère et comblant l’absence à peu près complète d’ambition de réalisation.

Heureusement pour nos oreilles, à l’inverse, les films les plus ambitieux à l’heure actuelle, d’autant plus marquants sur le plan artistique qu’ils sont promis à une longue influence sur le futur de l’industrie, procèdent en retirant le maximum de musiques à l’écran, voire en l’omettant complètement.