Des espoirs

De désolement il peut être largement question à propos de ce : réalisant cinquante fois moins d’entrées que n’importe quel , distribué à grand peine dans trois pays six mois après sa aux , suscitant de rares critiques autant élogieuses qu’invisibles, rien ne semble vraiment rendre à la impressionnante de cette première réalisation de Boots Riley, Sorry to bother you.

avait coutume de répondre que la chose la plus importante à apprendre dans le milieu du cinéma est l’. C’est là d’ailleurs l’un des grands thèmes de ce film, qui ressemble au graal que Spike Lee depuis ses débuts, qui emprunte autant à Quentin Tarantino qu’à Matrix et… , qui mêle sans faillir zélé, tempo entêtant et intelligence rare.

Mais cette de résignation va à l’encontre de la démarche du film, qui reprend cette antienne anticapitaliste : se résigner, voire désespérer de la situation actuelle, c’est déjà faire le jeu des instances dominatrices. La bande son du film est, à elle seule, une rare réussite, mêlant , R’n’B, funk et guitares dans un style accoutumé à ce davantage connu pour le groupe dans lequel il officie depuis une vingtaine d’années, The Coup.

Dans la lignée du positionnement ouvertement marxiste-léniniste de leurs textes, le film utilise donc une dialectique particulièrement jouissive : montrer sans fard les calamiteuses du système capitaliste dans ensemble, sans refuser une ironie et un humour autant ravageurs qu’indispensables à toute survie dans ce monde-là.