Sorties du 5 novembre 2014

Comme disait l’autre météore surévalué, « tout le monde a deux métiers : le sien et de cinéma ». Et pourtant, souvenez-vous de votre dernière au cinéma : arrivé devant les panneaux rétro-éclairés qui font office d’affiche, vous avez tant hésité sur le film à voir que vous avez failli loupé la séance. Votre emploi du temps effréné vous avait empêché de décortiquer les cent quarante pages mensuelles de Positif et de vous faire votre propre avis.

Pour résoudre ce drame quotidien, nous vous offrons cette rubrique hebdomadaire Le film à (ne pas) voir, qui se penche sur les nouveaux films à l’affiche… de manière radicale. Volontairement, notre choix se limitera à uniquement deux films : celui qu’il faut absolument voir, et celui qu’il faut impérativement fuir. Mais, comme nous ne sommes pas critique professionnel, nous ne sommes pas invité aux projections presse et devons donc avouer, non, que nous n’avons pas (encore) vu les films dont nous parlons.

Le film à voir : Le Bon, la brute et le truand de

Qui est Sergio Leone ?

On ne présente plus le génie italien qui a su passer du statut de second réalisateur de mauvais peplums à celui de cinéaste admiré dans le monde entier, public et critique réunis. Réalisateur de sept films officiellement, que l’on évitera de regrouper dans des trilogies artificielles, et de quelques autres non reconnus, il sut mêler aux genres les plus populaires une puissance lyrique, un talent de conteur et un humour troupier inimitables. Il sut également s’entourer, du scénario jusqu’au montage, d’équipes hors pair – Bernardo Bertolucci, Dario Argento, Tonino Delli Colli, Ennio Morricone, Nino Baragli… – et de comédiens légendaires, généralement dans des contre-emplois mémorables – ce qu’un certain Quentin Tarantino saura reproduire brillamment… Après avoir été raillé pendant des années par une critique frileuse, ses talents commencèrent à être reconnu à partir de son dernier film, l’étrange Il était une fois en Amérique. Il est maintenant installé, pour l’éternité, au Panthéon des quelques maîtres mondiaux du cinéma.

Pourquoi faut-il aller (re-)voir Le Bon, la brute et le truand ?

Ce film, plus que l’énorme majorité de la production cinématographique, possède une ampleur et une puissance que seuls les grands écrans peuvent restituer. Il ressort dans 28 salles donc vous n’aurez même pas l’excuse d’habiter loin de Paris ou d’avoir un emploi du temps débordé pour ne pas pouvoir aller le voir. Qui plus est, c’est la version de 3 heures qui ressort : à savoir la version italienne, la seule au monde à n’avoir pas été censurée comme celles autres que nous connaissons.

Le film à ne pas voir :

Parce que quitte à passer près de trois heures dans une salle, autant voir un des meilleurs films au monde — celui dont nous parlons juste au-dessus, bien sûr… — plutôt que ce pâle remake du déjà médiocre Contact.